Enlèvement des embâcles dans l’embouchure de la Reppe

Ce lundi soir, et durant plusieurs jours, des opérations d’évacuation des embâcles accumulés dans l’embouchure de la « Reppe » sont programmés (de nuit). Mercredi le maire de Sanary-sur-Mer et Président de l’Agglomération Sud Sainte Baume Ferdinand Bernhard a présenté cette opération déjà entreprise l’an dernier.  L’occasion d’évoquer les différentes hypothèses concernant les nuisances olfactives, avec les solutions à l’étude comme dégrader les embâcles biologiquement à partir de micro-organismes spécifiques. En période de forte chaleur, les nuisances olfactives sont certaines: « Cela ne date pas d’hier, et c’est un problème qu’on tente de traiter depuis des années. Beaucoup de choses ont été essayées, sans les résultats escomptés » dira en préambule Ferdinand Bernhard, qui a ensuite listé les hypothèses des techniciens, concernant les raisons de ces odeurs. D’abord, la Reppe ne coule plus comme autrefois, donc  le lessivage ne s’effectue plus. Certains évoquent l’épis mis en place au droit de la Reppe: « C’est peut-être en partie vrai, mais je rappelle que cela a été réalisé sous le contrôle des services de l’état. D’autre part, c’était bien avant moi, en tout cas politiquement je n’étais pas encore né! » La cause la plus probable demeure celle-ci: Avant guerre, le quartier des Lônes s’est construit sur une zone marécageuse, et les matières refairaient surface lorsque la température monte, d’où les odeurs. Élément important à savoir, l’embouchure de la Reppe au de-là du pont qui relie Sanary et Six-Fours est du domaine publique maritime, donc du domaine de l’Etat. En clair, c’est de la responsabilité de l’Etat, et surtout, chaque intervention est soumise à une demande d’autorisation auprès de la préfecture. On l’aura compris, le sujet est complexe, et cette présentation a permis aussi une mise au point: « Il n’y a aucun rejet d’assainissement qui arrive dans la Reppe,  c’est vérifié, c’est contrôlé ». D’autre part, avant ces opérations d’évacuation des embâcles, des analyses ont été réalisées sur la vase et la posidonie, or il n’y a nulle trace de pollution ou de contamination.  Ces enlèvements d’embâcles visent à améliorer ce qui peut l’être, quant aux solutions durables, pour éradiquer ces odeurs en période de forte chaleur, elles pourraient bien exister. Comme l’a expliqué le Président Syndicat de la Reppe, du Grand Vallat et de ses affluents Jean-Luc Granet: « En collaboration avec les services de la Préfecture, le syndicat étudie actuellement la mise en place d’un protocole expérimental  visant à dégrader les embâcles biologiquement  à partir de micro-organismes spécifiques. 
Il s’agit d’un processus assez long (premiers résultats visibles au bout d’un an minimum) qui permettra à terme de réduire la quantité de matière à évacuer afin  de rétablir le bon écoulement des eaux et d’éradiquer  les nuisances olfactives à proximité de l’embouchure ». 

Pour en savoir plus:

Contexte institutionnel :
En 2017, le Syndicat de la Reppe, du Grand Vallat et de ses affluents (SRGV) a engagé une révision de ses statuts, en concertation avec la Métropole Toulon Provence Méditerranée (MTPM). Cette action a permis au
SRGV de se saisir de la compétence Gestion des Milieux Aquatiques et la Prévention des Inondations dans son intégralité (GEMAPI, Cf. Arrêté Préfectoral du 28/12/2017). Dans la continuité de la démarche globale engagée en 2017 par Six-Fours-les-Plages et Sanary-sur-Mer, le SRGV va conduire à nouveau cette année une opération d’enlèvement mécanique. Un planning d’intervention concernant le bassin versant de la Reppe et du Grand Vallat a été établi. Une des actions prioritaires consiste à bâtir une solution durable pour gérer la posidonie morte à l’embouchure de la Reppe.
Objectif initial et problématique :
Au large du littoral varois, la Méditerranée héberge des plantes aquatiques protégées. Les herbiers de posidonies sont très présent en baie de Sanary-sur-Mer. Les posidonies, lorsqu’elles meurent, se détachent de l’herbier et sont transportées par les courants marins. La courantologie locale reste à approfondir mais les observations sur le terrain laissent à supposer que la dérive littorale achemine ainsi les feuilles de posidonie morte vers l’estuaire de la Reppe. Il est constaté, qu’au seuil de battage des eaux de mer, se forment des plages de dépôts. Hors période de crues, ces dépôts s’accumulent sur de longues périodes et entrent en décomposition, générant des odeurs nauséabondes incommodant les riverains.
Consistance des travaux :
Des engins tels que des camions-bennes et une grue seront utilisés pour retirer et évacuer les embâcles du cours d’eau. La durée prévisionnelle des travaux est d’environ 5 jours. La zone à proximité des cales de mise à l’eau sera réquisitionnée le temps des travaux pour permettre le ressuyage du tas fraîchement retiré de l’embouchure.

A la recherche d’une solution pérenne
Le SRGV a engagé, au cours de ces dernières années, diverses opérations visant à résorber les nuisances olfactives. Retenons en particulier :
– le curage du lit en amont du pont sur la Reppe ;
– le saupoudrage de craie visant à stabiliser les boues en décomposition.
Ces techniques curatives appliquées sur le site ont eu une action positive mais limitée dans le temps. Plus récemment, le SRGV a commandé une étude de faisabilité pour identifier des alternatives permettant
d’empêcher la remontée de débris d’algues et de posidonies dans l’embouchure. Les conclusions de cette étude proposaient des solutions trop onéreuses au regard des contraintes créées et des gains apportés.
Aujourd’hui, il s’agit donc de rechercher une solution pérenne et efficace permettant de traiter les débris en décomposition directement dans le milieu naturel.
Solution à l’étude
En collaboration avec les services de la Préfecture, le syndicat étudie actuellement la mise en place d’un protocole expérimental visant à dégrader les embâcles biologiquement à partir de micro-organismes
spécifiques. Il s’agit d’un processus assez long (premiers résultats visibles au bout d’un an minimum) qui permettra à terme de réduire la quantité de matière à évacuer afin de rétablir le bon écoulement des eaux et d’éradiquer les nuisances olfactives à proximité de l’embouchure.
Moyens humains, partenaires, intervenants :
Le syndicat de la Reppe, du grand Vallat et de ses affluents est le maître d’ouvrage de cette opération.
Coût estimatif de l’opération :
En 2017, près de 1000 tonnes d’embâcles ont été évacuées. Cela représente un coût de 175 000 euros TTC. Cette année les quantités semblent moins importantes. Elles seront communiquées après intervention du SRGV.
Glossaire :
Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations (GEMAPI) :
La compétence liée à la gestion des milieux aquatiques et à la prévention des inondations (GEMAPI) est issue de la loi de modernisation de l’action publique et d’affirmation des métropoles (loi MAPTAM). Elle concerne les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre, depuis le 1er janvier 2018.
La GEMAPI est définie par 4 missions extraites de l’article L.211-7 du code de l’environnement :
– Aménager un bassin ou une fraction de bassin hydrographique,
– Entretenir et aménager cours d’eau, canal, lac ou plan d’eau, y compris les accès y conduisant,
– Défendre les territoires contre les inondations et contre la mer,
– Protéger et restaurer des sites, des écosystèmes aquatiques et des zones humides ainsi que des formations boisées riveraines.

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