Hommage à Honoré d’Estienne d’Orves au Broussan

Chaque 29 août, la commune d’Evenos rend un vibrant hommage à Honoré d’Estienne d’Orves. Jeudi matin, une cérémonie lui a été consacrée au Broussan, après une messe célébrée par le Père Cerisier. En présence de la comtesse Eliane d’Estienne d’Orves, le Maire Blandine Monier a rappelé: «  Le Capitaine de Frégate Honoré d’Estienne d’Orves est l’une des incarnations les plus émouvantes et les plus héroïques de la France libre » . Un homme épris du Broussan et de ses paysages où il a passé avant la guerre des moments inoubliables remplis de souvenirs féériques: « Cet homme fervent catholique dont la foi chevillée au corps n’a pas permis au doute de le faire reculer dans la mission qu’il a fait sienne, cet homme dont la bravoure n’est plus à raconter, mais dont le courage, comme celui de beaucoup d’hommes et de femmes qui ont activement, et au péril de leur vie, œuvré pendant cette période peu glorieuse de l’histoire, pour nous libérer de cette horreur nazie, nous permet, notamment d’être tous là aujourd’hui ». En présence de jeunes ébrosiens, Blandine Monier a déposé une gerbe aux côtés du maire du Beausset Georges Ferrero. Pour le Conseil Départemental ce furent Laetitia Quilici et Richard Tognetti qui représentait Ferdinand Bernhard. Une gerbe a également été déposée par Arlette Boyer et Alain Demarlier pour les anciens combattants. Enfin, avec émotion, la comtesse Eliane d’Estienne d’Orves s’est recueillie devant le Monument aux morts. Cette cérémonie a rassemblé de nombreuses autorités et de nombreux élus dont Brigitte Crevet, Didier Gestat de Garambé (Assistant départemental de la délégation au rayonnement et à l’image de la Marine en Méditerranée).

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Le Général de Gaulle, dans ses « Mémoires de Guerre », le décrit en ces termes : « cette élite partie de rien et qui devait, peu à peu, grandir au point d’entraîner derrière elle toute la nation. »

Le colonel allemand de l’Abwehr, après son arrestation lui aurait dit : « l’espionnage exige beaucoup de duplicité, commandant vous n’étiez pas fait pour ce sale travail. Vous êtes trop loyal : un vrai marin… »

Au cours du procès, d’Estienne d’Orves couvrit ses codétenus. Sur les 26 compagnons comparaissant devant la cour martiale allemande de Paris, les juges militaires ne prononcèrent « que » neuf sentences de mort et peines de prison. Des recours en grâce furent déposés.
Le 29 août 1941, d’Estienne d’Orves, Barllier et Doornik furent emmenés au fort du Mont Valérien.
Quelques minutes avant de mourir, l’officier de marine se montra égal à lui-même, pardonnant publiquement à ses juges. « N’ayez à cause de moi de haine pour personne, chacun a fait son devoir pour sa propre patrie. Apprenez au contraire à connaître et à comprendre mieux le caractère des peuples voisins de la France »
Il demanda à ne pas avoir les mains liées ni les yeux bandés. A 6h30, les trois hommes furent fusillés au Mont Valérien, et leurs six compagnons graciés.
Son courage et sa droiture impressionnèrent ses bourreaux.

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