

L’Organisation des Nations Unies a proclamé 2026 “Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux” afin de mettre en lumière le rôle crucial que jouent ces paysages et ces communautés dans la sécurité alimentaire, la préservation des écosystèmes, la résilience face au changement climatique et le patrimoine culturel.
Les parcours, qui couvrent environ la moitié de la surface terrestre émergée, sont menacés par la réaffectation des terres, l’épuisement des ressources naturelles et le changement climatique. Les éleveurs pastoraux, qui dépendent de ces écosystèmes pour faire paître leurs troupeaux, sont présents dans les trois quarts des pays du monde.
Gardiens des savoirs autochtones et locaux, ils sont source d’enseignements pour le présent et l’avenir. Ils sont cependant en proie à de grandes difficultés, parmi lesquelles le manque de reconnaissance, la non-inclusion dans la prise de décisions, la précarité des droits fonciers, la restriction de l’accès aux marchés et le problème de renouvellement des générations. L’Année internationale préconisera l’élaboration de politiques plus strictes qui garantissent l’accès des éleveurs pastoraux aux terres et aux ressources naturelles et favorisent la mobilité et une gouvernance inclusive, tout en appelant à accroître l’investissement responsable dans la gestion des parcours, la restauration des écosystèmes, les services de santé animale et les chaînes de valeur équitables.
L’Année internationale reconnaît les parcours et les systèmes pastoraux comme modes de vie dynamiques en lien avec la nature, bénéfiques tant pour les êtres humains que pour l’environnement. Elle appelle toutes les parties prenantes à soutenir la gestion durable des parcours, la participation effective des éleveurs pastoraux à la prise de décisions et l’augmentation des investissements dans la recherche, l’innovation et le développement durable du secteur.
Comprendre ce que sont les parcours et qui sont les éleveurs pastoraux
Les parcours sont des terres dominées par des graminées, des herbes hautes, des phorbes, des arbustes et parfois des arbres, où paissent ou pourraient paître des animaux d’élevage ou sauvages.
Les éleveurs pastoraux sont les personnes vivant principalement de l’élevage d’animaux au moins partiellement domestiqués qui paissent et broutent dans les parcours et se déplacent sur des distances plus ou moins grandes.

Les actions sur le territoire
L’Agglomération Sud Sainte Baume et le CERPAM sont déjà partenaires dans le cadre d’une convention d’animation sylvopastorale visant à développer et pérenniser les activités pastorales du territoire, en lien avec les enjeux de défense des forêts contre les incendies. Les actions proposées pour cette année internationale du pastoralisme s’inscrivent donc dans le cadre du PIDAF (Plan Intercommunal de Débroussaillement et d’Aménagement Forestier) mais aussi dans la mise en œuvre du PCAET (Plan Climat-Air-Énergie Territorial), notamment au regard de la préservation des espaces naturels, du maintien des activités agricoles locales et de l’adaptation au changement climatique. Le secteur du tourisme est également directement concerné, à travers les circuits de randonnée, la sensibilisation des visiteurs via les offices de tourisme du territoire, ainsi que la valorisation des éleveurs et du pastoralisme local.
Dans ce cadre, plusieurs services de l’Agglomération se sont mobilisés conjointement afin de construire le programme d’actions suivant :
[COMPLET] Parcours “Vis ma vie d’éleveur pastoral”
Dans le cadre de l’Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux 2026, Sud Sainte Baume en partenariat avec le Centre d’Etudes et de Réalisations Pastorales Alpes-Méditerranée, propose une expérience originale et immersive : partir à la rencontre d’un éleveur pastoral du territoire et de son troupeau, au cœur des paysages du Castellet.
Le temps d’une après-midi, les participants pourront se laisser guider hors des sentiers habituels pour découvrir un métier souvent méconnu, pourtant essentiel à l’équilibre de nos territoires.
Une rencontre humaine avant tout
Derrière chaque troupeau, il y a un éleveur, un savoir-faire, une passion et un quotidien exigeant. Lors de cette sortie, les participants échangeront directement avec un éleveur pastoral qui fera découvrir son métier au quotidien.
Partager l’espace naturel : mieux comprendre pour mieux cohabiter
Randonneurs, VTTistes, promeneurs, éleveurs… nous sommes nombreux à utiliser les espaces naturels.
L’événement permettra également d’aborder les bons comportements à adopter face à un troupeau et la manière de favoriser une cohabitation respectueuse entre tous les usagers.
Cet événement est complet.
Educ’Tour spécial « Ambassadeurs du Territoire »
L’Agglomération Sud Sainte Baume, une nouvelle fois en partenariat avec le CERPAM, a organisé le mercredi 20 mai 2026 une journée de sensibilisation à destination des professionnels des Offices de Tourisme du territoire.
Cette rencontre avait pour objectif de permettre aux participants d’échanger directement avec un éleveur pastoral afin de mieux comprendre les réalités et les enjeux du métier. En renforçant leurs connaissances sur le pastoralisme, les équipes des Offices de Tourisme pourront ainsi mieux informer les visiteurs sur les comportements à adopter à proximité des troupeaux, contribuant à une cohabitation respectueuse et apaisée dans les espaces naturels.
Cette journée a également permis d’aborder plusieurs thématiques essentielles : la gestion quotidienne d’une exploitation pastorale, les problématiques liées à la prédation du loup, les moyens de protection mis en place par les éleveurs, ainsi que les attitudes à adopter face aux chiens de protection.

Ciné-débat : regards croisés sur le pastoralisme en Provence
À l’occasion de l’année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux 2026, Sud Sainte Baume Agglo, en partenariat avec le CERPAM, organise un ciné‑débat consacré à l’élevage pastoral, à la croisée des enjeux environnementaux, agricoles, culturels et touristiques du territoire.
Mercredi 17 juin 2026, 18h-20h30
Cinéma Marcel Pagnol – 5 Rue Gabriel Péri, Bandol
Entrée gratuiteInscriptions
Cette soirée, ouverte à tous, propose un moment de cinéma, de réflexion et de partage autour d’un pastoralisme bien vivant, à la fois ancestral et profondément actuel.
Deux films pour (re)découvrir le pastoralisme actuel, entre tradition et adaptation
La projection débutera avec Rhapsodie des origines, un documentaire de Cyrille Larrieu (France, 2024 – 28 minutes), véritable poème visuel consacré à la transhumance, récemment inscrite au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité par l’Unesco. Le film suit la lente migration annuelle des bergers et de leurs troupeaux depuis les plaines provençales jusqu’aux alpages de haute montagne. À l’heure où la majorité des transhumances se font désormais en camions, Rhapsodie des origines prend le temps de marcher au rythme d’un millier de brebis, de sept bergers, de leurs chiens et d’une poignée de transhumants. Une ode aux origines, au mouvement, à un mode de vie rare et précieux, porteur de sens et de mémoire.
La soirée se poursuivra avec Coexister, un documentaire de Simon Eppling (France, 2024 – 35 minutes). À travers le regard de jeunes amis urbains, amoureux de la nature mais éloignés du monde rural, le film part à la rencontre de celles et ceux qui vivent au quotidien avec le retour du loup. Bergers, éleveurs et autres acteurs du territoire livrent leurs récits, leurs doutes, leurs blessures mais aussi leurs recherches de solutions. Entre prédation, incompréhensions et adaptation, Coexister explore une question aussi brûlante qu’ancienne : comment vivre avec le loup ?
À l’issue des projections, un débat avec différents intervenants et acteurs du territoire sera proposé au public. Ce temps d’échange permettra de prolonger les films, de poser des questions, de confronter les points de vue et de mieux comprendre les réalités actuelles du pastoralisme local.
La soirée s’achèvera dans la convivialité autour d’une dégustation de fromages locaux, pour célébrer les savoir‑faire issus de cette culture pastorale vivante.
Sensibilisation aux chiens de protection des troupeaux
Chiens de protection et chien domestique
Nous sommes de plus en plus nombreux à posséder des chiens de compagnie. Et la colline devient le lieu idéalisé de permission de tout ce qu’on interdit à nos fidèles compagnons en ville ! Il est primordial d’empêcher son chien de courir après les troupeaux pour éviter du stress aux animaux et pour protéger le chien de compagnie, ou encore de sauter dans les abreuvoirs car les bêtes ne boivent plus l’eau qui aura été souillée.
La bonne attitude ? Garder son chien en laisse, seul rempart face aux réactions instinctives de votre chien. Et si possible ne pas l’emmener là où il y a des troupeaux !
Présence des troupeaux et des chiens de protection
Savez-vous que l’élevage pastoral est une des activités agricoles importantes de notre territoire ? C’est un mode d’élevage extensif qui se base sur les ressources naturelles (prairies, bois, friches) pour alimenter le troupeau. Le loup est également présent sur notre territoire, les éleveurs n’ont pas d‘autre choix que de mettre en place des moyens de protection comme les chiens pour protéger leur troupeau. Pour un bon partage de nos espaces naturels, soyez attentifs aux panneaux posés par les éleveurs pour prévenir de leur présence localement et respectez les consignes en cas de rencontre avec les chiens de protection.
En cas de rencontre avec un chien de protection
Quels sont les bons comportements à tenir en cas de rencontre avec un chien de protection :
- 1) Signalez-vous pour ne pas surprendre le chien (« salut le chien !»)
- 2) Ralentissez et dans la mesure du possible, contournez largement le troupeau sans vous mettre en danger,
- 3) Si le chien approche, arrêtez-vous ou avancez doucement (mais pas vers le chien directement), ne le fixez pas dans les yeux, parlez-lui calmement. Une approche rapide accompagnée d’aboiements d’un chien de protection n’est pas une attaque, mais un comportement de dissuasion. Pourquoi s’arrêter ? Pour vous identifier, le chien peut avoir besoin de s’approcher pour vous sentir. Pour lui, la vitesse de déplacement est perçue comme une menace.
Avec les bâtons de marche : prenez-les dans une main, orientez-les vers le bas. Surtout ne les brandissez pas.
En vélo : descendez du vélo le plus tôt possible, mettez le vélo entre vous et le chien et avancez à pied avec votre vélo. Ne remontez en selle d’après avoir largement dépassé le troupeau.
Si vous êtes avec un chien de compagnie, tenez votre chien en laisse près de vous, contournez le troupeau au maximum. Ne jamais prendre votre chien dans vos bras : le chien de protection ne pourra alors pas l’identifier, et votre chien, se sentant en confiance, pourra adopter une posture plus agressive. En cas de début de confrontation entre les deux chiens, lâcher la laisse et s’écarter.
Il est tout à fait possible de vous faire surprendre par un chien de protection, même si vous n’avez pas vu de troupeau. Le premier sens d’identification des chiens est l’odorat. Il peut vous avoir repéré grâce à son flair, ou encore à son ouïe et vient alors à votre rencontre pour analyser le danger.
Il est déconseillé de tourner le dos à un chien et de partir en catimini. Vous vous mettez alors en situation de fuite, sans que le chien n’ait pu analyser vos attentions. Instinctivement, il vous suivra et redoublera de virulence.
Si vous souhaitez mettre de la distance entre vous et les chiens, prenez le temps de reculer pas à pas, sans que cela ne paraisse précipité, tout en parlant au(x) chien(s).
Dans le cas où vous ne pouvez pas contourner ou faire demi-tour, le mot d’ordre est alors la patience. Si vous êtes à plusieurs, discutez entre vous, mettez-vous en situation de pause imposée. Avec du temps, le chien finira par redescendre en pression s’habituant à votre présence, et le troupeau se déplaçant, vous trouverez une voie de nouveau libre de circulation.






